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> Les quatre meilleures récits de la jeunesse de Prostetnic vogon Jeltz




> 1er Prix (Texte de Nesego)

 Le récit des aventures du désormais tristement célèbre Arthur Dent et de son ami Ford Prefect, est forcément incomplet, vous vous en doutez bien. Pour de multiples raisons, il est des détails que l'on a préféré outrepasser, parfois pour leur inutilité flagrante, parfois parce qu'ils narraient des histoires qu'il eut mieux valu que le lecteur ignorât, parfois parce qu'il reste pas mal des raisons pour ne pas tout raconter, parfois je vais faire un tour chez ma tante... Hum, hum.
Bref, dans ce récit, il a été omis une chose qui pourrait appartenir à la catégorie de ce qu'il eut mieux valu que vous ignoriez. Mais voilà, il s'agit d'une histoire si captivante qu'elle ne peut être cachée, et de toute façon, vous mourrez d'envie – quoiqu'il puisse advenir à l'issue du récit de cette histoire – d'en connaître tous les détails.
Cette histoire aurait dû vous être narrée juste après que Ford et Arthur eussent été pris en stop par un cuisinier Dentrassis, sur le vaisseau amiral de la Flotte de construction vogone venue détruire la Terre.

 Arthur découvrait le Guide, Ford lui avait conseillé d'interroger celui-ci à propos des Vogons, ce qu'Arthur avait fait, bien entendu. Aussi le Guide lui lisait-il l'article intitulé « Flotte de construction des Vogons ». Ce que ne nous dit pas l'histoire, c'est que ce ne fût pas le seul article qu'Arthur lut à ce moment précis. En effet, au bas de la page figurait un lien constitué des suivants caractères typographiques : « Voir aussi : Prostetnic Vogon Jeltz ». Emporté par la fièvre galactique du Guide, l'avant-dernier des Terriens ne se fit pas prier pour consulter ce nouvel article. Ce que conte cet article vous est narré ci-après.

 Ce que nous dit le Guide à Propos de Prostetnic Vogon Jeltz, dit « Patron »

 Prostetnic Vogon Jeltz (né en 03746), ou P.V.J., comme nous l'appellerons tout au long de cet article, est l'un des Vogons les plus horripilement célèbres de toute la galaxie. PVJ est né comme tous ses semblables sur la Vogosphère. Ainsi que vous ne l'ignorez sans doute pas, les Vogons vivent désormais dans l'amas stellaire de Mégabrantis, où ils constituent le puissant noyau de la Fonction Publique Galactique, mais ils continuent à venir pondre leurs œufs sur la Vogosphère afin que leurs larves ne manquent pas de crabes à la naissance... Prostetnic était déjà considérablement odieux à la naissance, où il gueulait sur ses petits camarades de berceau sous prétexte que c'était lui qui braillait le plus fort. Rentrés chez eux dans l'amas de Mégabrantis, les parents de PVJ, très fiers de l'antipathie qu'inspirait leur fils à son entourage, l'éduquèrent de sorte que, plus tard, le jeune Vogon puisse diriger avec autant d'inimitié que possible. Déjà à l'âge de cinq vogans, pour pouvoir venir à son anniversaire, les camarades de classe de Vogon Jeltz devaient remplir des formulaires de Consentement E627 et réciter par cœur son premier et excédant poème. Ce qui élimina la première moitié d'entre eux, qui ne savaient toujours ni lire ni écrire, et envoya l'autre moitié à l'hôpital ou à l'asile. Adolescent, PVJ n'eut jamais de petite amie. Il exigeait toujours d'elles qu'elles signent en 18 exemplaires quelque mystérieux formulaire qui aurait pu parler, à tout hasard, de possible soumission totale et inconditionnelle, mais aucune vogone ne se prêta au jeu, sauf une : Purpurula Vogona Nihlz que l'exercice excitait beaucoup, mais que Prostetnic Vogon Jeltz rejeta parce qu'elle avait soi-disant bâclé les formulaires. Après le collège, Vogon Jeltz intégra la Haute Ecole Vogone de la Fonction Publique, plus connue partout ailleurs dans l'univers sous le nom d'école des superchieurs professionnels. Il y devint une véritable idole vivante, ses résultats étaient si abominablement élevés que même ses professeurs lui adressaient sans cesse des dizaines de formulaires de Respect B037. A l'évidence, PVJ était né pour emmerder le monde. Tâche dont il s'accommodait d'ailleurs fort bien.

 La rumeur circulant comme quoi un Vogon ne bougerait pas le petit doigt pour sauver sa grand-mère des griffes du Hanneton Glouton de Tron avant d'avoir reçu un ordre écrit, contresigné en trois exemplaires et patati et patata, n'est pas fondée que sur du vent. Elle tient d'un fait tout à fait réel, et ce fait, évidemment, faisait partie intégrante de la vie de Vogon Jeltz. A ceci près que l'ordre écrit qu'avait demandé le vogon pour pourvoir sauver sa grand-mère ne fût jamais déterré de la tourbe et recyclé en allume-feu, il ne s'agit là que des extrapolations maladives d'un racontar ivre. De toute façon, Prostetnic n'aimait plus beaucoup sa grand-mère depuis qu'elle lui avait offert un bon pour un massage relaxant à Noël ; c'était bien fait pour elle ! C'est ainsi que, le temps passant, PVJ progressait continuellement dans la hiérarchie vogone, surpassant sans cesse ses rivaux. On le soupçonne même d'avoir quelques fois lu un ou deux poèmes de sa composition à quelques uns d'entre eux, que l'on ne revit plus jamais par la suite, ou bien qui devinrent subitement inaptes à assurer leur fonction, que Prostetnic se fit un plaisir d'assurer à leur place. Toutefois, Prostetnic Vogn Jeltz ne put jamais être incriminé, les possibles témoins de la scène n'ayant jamais été retrouvés. Et un beau jour, PVJ devint non seulement amiral de la Flotte de construction vogone, mais également membre du conseil de planification de l'hyperespace galactique. La nuit venue, ce fut terrible, le nouvellement nommé amiral fit une fête colossale, et mille cent cinquante malheureux petits crabes périrent ce soir-là sous les coups de maillets vogons. Par la suite, tout un tas d'événements funestes firent la réputation de PVJ de par la galaxie : destruction de planètes habitées, courses poursuites effrénées dans la galaxie, largage dans le vide de dizaines d'astrostoppeurs jugés un peu trop astrostoppeurs à son goût, licenciements en masse, conférences de poèmes s'étant achevées de manière fort tragique, génocides de crabes vogons et bien d'autres encore. Actuellement, ce bon vieux Prostetnic est toujours amiral de la Flotte de construction vogone, et nous vous conseillons, si vous deviez un jour vous retrouver face à face avec ce dégoûtant personnage, de prendre aussitôt vos appendices moteurs à votre cou ! Citation du personnage : « Foutue planète apathique, pas sympa du tout. »

 « Quel étrange bouquin ! », dit Arthur. Voilà cher lecteur, désormais que tu n'es plus dans l'ignorance, le récit des aventures de l'avant-dernier des Terriens et de son ami originaire de Bételgeuse 7 peut à nouveau reprendre.


> 2e Prix (texte de Sayyadina)

 Prostetnic Vogon Jeltz, dans sa jeunesse, n'était pas un Vogon différent des autres Vogons de son âge. Il était juste plus laid, et avait un nez busqué comme tous ces congénères dégénérés. Il faut dire que la race des Vogons ne brille pas par sa diversité mais plutôt par son ignominie.

 Comme les autres Vogons, Prostetnic ne s'intéressait qu'à deux choses : écrabouiller des crabes et ricaner devant les jeunes Vogones. Comme il était petit de taille, ces dernières ne lui jetaient pas des regards langoureux en clignant des yeux. Précisons que ce n'est pas une habitude de drague chez les Vogons, ceux-ci préférant envoyer des questionnaires « type » en recommandé avec accusé de réception en cinq exemplaires déclarant leur flamme de la plus curieuse des façons.
Les plus doués d'entre eux se risquaient même à un poème en guise de questionnaire.

 Les parents de Prostetnic avaient pour lui un somptueux avenir tracé dans l'administration, à classer des papiers. Métier noble par excellence et notre jeune écraseur de crabes, sans qu'il n'ait eu son mot à dire, fut envoyé à la Haute Ecole Administrative Vogone.

 Prostetnic occupait donc ses journées à étudier les différentes façons de classer des formulaires, les positionner par piles sur une étagère selon l'ordre d'arrivée, les tamponner puis les refiler au bureau d'à côté qui fera de même jusqu'au vide-ordures situé dans le bureau le plus éloigné, ou bien les classer par le vide, cette dernière méthode étant bien sûr la plus efficace.

 Durant les rares loisirs que lui laissaient ses études prégnantes, Prostetnic écrabouillait donc des crabes et commençait par la tête, car il s'amusait de voir la bestiole courir dans tous les sens sans pouvoir voir où elle allait.
Si ce passe-temps n'inquiétait pas ses parents, puisque ce jeu était intergénérationnel, il n'en allait pas de même avec une activité beaucoup plus cachée de leur fils : Prostetnic avait la fâcheuse tendance à s'enfermer dans sa chambre et à déclamer de la poésie en se regardant dans la glace, pensant être seul !

 La mère de Prostetnic en était toute retournée de voir son unique fils sombrer, et quand, avec un air innocent (tant soit peu qu'un Vogon puisse arborer un air innocent), elle le voyait monter dans sa chambre pour se reposer, elle ne pouvait s'empêcher de penser à cet oncle maudit, qui avait fait une carrière de professeur de poésie et qui était venu il y a quelques mois leur réciter quelques-unes de ses créations poétiques. Non ! Son fils ne deviendrait pas un artiste, il devait comme toute sa lignée d'ancêtres responsables manquer d'originalité, c'était une marque de fabrique de la famille à laquelle elle tenait plus que tout.

 Prostetnic, lui, ne se doutant pas que son secret était découvert, continuait à s'exercer devant la glace et à réciter sa toute dernière création que lui avait inspirée une jeune Vogone qui étudiait avec lui.

« Oh ! Ma douce glaire,
Quand je vois ton profil tordu,
J'en frétille ma graisse
Veux-tu être ma bougresse ?
Oserais-je comme un glandu
Un jour en ta présence me taire ? »

 Il faut avouer que même si la poésie Vogone était reconnue pour être la troisième plus exécrable de tout l'univers, Prostetnic avait quelques aptitudes qui aurait pu faire de lui un grand nom de la littérature Vogone.

 Mais son destin, et surtout ses parents, en avaient décidé autrement.

 A la fin de ses études, son diplôme de classeur d'archives 6ème zone en main, il attendait fièrement son premier poste dans la grande administration. Les postes étaient attribués de manière très réfléchie, c'est à dire par la méthode dite aléatoire qui consiste à jeter dans un panier à crabe (les Vogons ne connaissant pas le chapeau, invention terrienne d'après le Guide Galactique) les noms des nouveaux diplômés et ce, quelle que soit leur spécialisation, et dans un autre panier une liste de métiers potentiellement disponibles.

 Cette méthode, réputée efficace pour développer l'incompétence administrative, avait pour avantage de ne pas pouvoir être truquée.

 C'était sans compter avec l'ingéniosité de notre jeune Prostetnic. Celui-ci avait, depuis ses derniers jours de cours, déclamé son poème à sa jeune collègue. Cette dernière, pourtant impressionnée par son texte, ne lui avait pas donné d'espoir. Elle lui expliqua que la petitesse de Prostetnic l'empêchait d'établir tout contact amoureux au risque de devenir la risée de tous les adolescents de son âge.

 Mais Prostetnic savait qu'un espoir existait et se promit de devenir poète.

 Il imagina un stratagème pour truquer la sélection du panier à crabe. Il s'introduisit une nuit dans les locaux, passant sous le nez de deux gardes qui se disputaient à propos du futur championnat de lancer de crabes. Son plan était simple, il lui suffisait de remplacer tous les papiers indiquant les différentes carrières par d'autres où il était écrit « carrière : poète ».

 Quelques jours plus tard, au moment tant attendu de la délibération du jury de sélection des carrières, plusieurs dizaines de Vogons se virent offrir une carrière de poète, carrière administrative inexistante, ce qui ne dérangea nullement le jury dont la compétence équivalait à tous les jurys de tous les autres systèmes planétaires.

 Prostetnic était furieux, sa colère se manifestait par des hurlements indicibles et une tendance à mouliner avec ses petits bras en vociférant des gné, greheu, graboudyeux, grognibeurk et autres mots en « G » qu'il affectionnait particulièrement. Sa colère était légitime, il faut dire que son nom n'avait pas été tiré au sort, pour la simple raison qu'il avait oublié de le rajouter en plusieurs exemplaires dans le panier adéquat.

 Alors que notre jeune idiot se morfondait en écrabouillant quelques centaines de crabes, sa mère quant à elle était de fort bonne humeur. En effet, elle n'avait pas réussi à s'introduire dans les locaux de l'administration à temps avant le tirage du jury et était rassurée que le nom de son fils n'ait pas été retenu pour entamer une carrière idiote de poète. Tout n'était donc pas perdu, et elle pourrait mettre en exécution son plan avant le prochain tirage du lendemain.

 Son projet était simple, il fallait éloigner du nid familial le plus vite possible Prostetnic pour qu'il puisse enfin trouver sa voie dans une carrière prometteuse. Pour cela il suffisait qu'il soit choisi le plus rapidement possible par le jury, quelle que soit la carrière qui s'offrait à lui.

 Elle soudoya donc un des gardes en lui envoyant un formulaire déclaratif d'intention de libertinage en cinq exemplaires et, avant le rendez-vous dudit passage à la casserole, elle put admirer les locaux de l'administration centrale et dérober les bulletins nominatifs et les remplacer par des dizaines au nom de son fils.

 Le lendemain, Prostetnic fut donc appelé pour exercer une carrière militaire et faire ses débuts dans la flotte galactique.

 Drôle de destin tout de même pour un ex-élève au classement d'archives 6ème zone. Il n'y a rien d'anormal (si toutefois on peut parler de normalité concernant les Vogons) puisque ce jour-là, le jury choisissait les carrières des anciens étudiants de l'Ecole Militaire et non de l'Ecole Administrative, mais cela, la mère de Prostetnic n'en savait rien.

 Prostetnic dut quitter le cocon familial et s'enrôler pour le prochain départ d'un vaisseau dernier cri au poste de pilote, lui qui n'avait jamais conduit autre chose que des sortes de gazelles qui mouraient immédiatement dès qu'on leur grimpait sur le dos.

 Ses débuts furent chaotiques et il suffit de quelques secondes pour qu'on lui retira le manche à balai qui servait de guidon au véhicule spatial et que le capitaine s'exclama : « Bougredandouille, mais c'est quoi ce déchet qu'on m'a mis au pilotage, qu'on l'affecte au nettoyage des papiers gras d'emballages, il ne pilotera jamais un vaisseau tant que je serai en vie. » Ce capitaine mourut étrangement quelques semaines plus tard, étranglé par des liasses de papiers gras sans qu'on ne sache jamais qui était à l'origine de cet accident domestique, et un jeune Vogon, nommé Prostetnic Vogon Jeltz, fut nommé capitaine suite à un étrange tirage au sort mais ceci est une autre histoire.


> Texte de Corto

 «Tout enfant, j'ai senti dans mon cœur deux sentiments contradictoires : la promiflure de la vie et l'ormoplèse de la vie.» Prostetnic Vogon Jeltz

 Avant de devenir commandant de la flotte de construction des Vogons et grand poètes reconnu, le Prostetnic Vogon Jeltz eut une enfance très très très mais alors très difficile.

« Ma jeunesse ne fut qu'un trubliant graplouk,
Blakrumé çà et là par de vouiflant bornuik ;
Le Pamourf et la zoiw ont fait un tel janerfouk,
Qu'il reste en mon blaviaux bien peu de faux dégruiks. »
« Ô douleur ! ô douleur ! Le temps ronge la vie,
Et l'obscur Ennemi qui nous lape le four
Du sang que nous perdons croît et se gromifie ! »
Prostetnic Vogon Jeltz

 En AE827, son père, Jorof-Frultz Vogon Jeltz, né en AE759 meurt lorsque le Prostetnic a 6 ans. Ce Vogon lettré, épris des idéaux des Blavieux, et amateur de peinture, peintre lui-même, lui laisse un héritage dont il n'aura jamais le total usufruit. Un an plus tard, sa mère se remarie avec le chef de bataillon Jork Poupifick. Le futur commandant et poète ne pardonnera jamais à sa mère ce remariage, et l'officier Poupifick, devenu ambassadeur, incarne à ses yeux tout ce qui fait obstacle à ce qu'il aime : sa mère, la poésie, le glaire, et la vie sans pronstignances.

 A son retour, il essaie dans un premier temps de vivre de son art mais il se vit reprocher son écriture et le choix de ses sujets. Il ne fut compris que par quelques-uns de ses pairs. Dans Le Fripoiro du 5 prouillet AE857, Gruick Boudin réagit lors de la parution des Pleurs du râle : « Il y a des moments où l'on doute de l'état mental de M. Jeltz, il y en a où l'on n'en doute plus ; — c'est, la plupart du temps, la répétition monotone et préméditée des mêmes choses, des mêmes pensées. L'odieux y côtoie l'ignoble ; le repoussant s'y allie à l'infect... ». C'est à cette époque que le Prostetnic Vogon Jeltz se « forge » cette  peau caoutchouteuse et vert sombre, et assez coriace pour ne pas avoir à souffrir de toutes sortes d'attaques en prose des critiques aussi ravageuses que des bains d'acide chlorhydrique. C'est ce « cuir » épais et suffisamment étanche qui lui permet d'accéder au poste de commandant de la flotte de construction des Vogons, le protégeant des intrigues politiques de la fonction publique.


> Texte de Sveinn

 C'est en 1111 que naît Prostetnic Vogon Jeltz. Il conservera de cette année (excellente pour le Pan Galactic Gargle Blaster) un goût pour le parallélisme et l'ordre qui frôlerait la maniaquerie pathologique s'il n'était pas partagé par l'entière population vogone.

 Physiquement d'abord, la configuration des membres de Prostetnic Vogon Jeltz (que nous appellerons PVJ, dans un excès de familiarité passible, d'après le code vogon, de trois jours de torture par pendaison inversée) n'est pas sans rappeler un parallélisme certain : ses membres sont appariés, les supérieurs d'un côté, les inférieurs de l'autre, parallèles deux par deux, c'est merveilleux. Son visage, en revanche, l'est moins, à force de coups de pelles, bien parallèles eux aussi.

 Mentalement ensuite : la rigueur administrative dont peut faire preuve PVJ lui valut toujours, de la part de ses camarades de classe, une admiration non feinte, mêlée d'une crainte incontrôlée, PVJ s'amusant à signaler tout manquement au règlement, édition en 12 volumes (disponible via requête au bureau CR4Z1 de Vogsphère), à leur supérieur.

 PVJ passa la majeure partie de son administrative enfance à tailler des crayons et à les disposer bien parallèles dans de nombreux bureaux dont il a oublié le nom, afin d'apprendre sur le tas.

 Puis c'est le temps de l'adolescence. Chez les humains, habitants de la planète Terre (planète ZZ9 Plural Z Alpha), l'adolescence se caractérise par une déformation physique des plus déplaisantes qui finit heureusement par disparaître quand vient l'âge adulte où seule la connerie demeure. Chez les vogons aussi, sauf que ça dure. PVJ profita pleinement de cette adolescence, c'est-à-dire qu'il devint horriblement laid, même pour un vogon.

 En 1337 il rencontre Nudji, une splendide femelle (d'après les critères vogons ; c'est-à-dire qu'elle était belle comme une Peugeot 403). Il en tombe bureaucratiquement amoureux et veut faire sa vie avec elle. Il la demande en mariage, lui tend les trois exemplaires du contrat, mais celle-ci refuse, elle pouvait pas, elle avait ses radadas. PVJ sent le sol se dérober sous ses pieds (c'est une métaphore), ce qui, par une amusante coïncidence, fut exactement ce que ressentirent Arthur Dent et Ford Prefect, des années plus tard, quand PVJ les jeta hors de son vaisseau (ce n'est pas une métaphore). En proie à un chagrin insoutenable il cherche une raison de vivre dans le code pénal, mais c'est finalement la poésie qui lui apporte le réconfort dont il a besoin. Tel Lamartine, Baudelaire, et mon cousin Victor, PVJ noie son chagrin dans l'alcool et la poésie ; il noircit des feuilles, et pas que d'impôt, entières de sa verve littéraire, de son talent créatif, et de son romantisme fiévreux où le lyrisme plaintif le dispute au style ravageur, dans tous les sens du terme, surtout le mauvais.

 PVJ se prend alors à rêver de voyages et d'aventures. Mais la dure réalité de Vogsphere le force à refouler tout ça. La psychanalyse n'ayant pas encore été inventée, PVJ en nourrira une haine éternelle envers les astrostoppeurs et autres vermines qui vadrouillent dans l'espace et finissent saouls dans des soirées sur des planètes improbables, surtout sur Emduum, ah ah, qu'est-ce qu'on s'était mis ce jour-là, je te raconte pas. C'est donc tout naturellement que PVJ s'oriente vers un métier qui lui permettra de capturer et torturer ces derniers. Suite à cet épisode aussi douloureux que l'écoute d'un poème vogon (comme quoi, on ne s'éloigne pas du sujet) il en revient à son premier amour : la bureaucratie. C'est avec un zèle tout particulier, qu'on ne retrouve plus guère que chez les dictateurs, que PVJ expédie les affaires dont il est chargé. Il s'attire ainsi la considération de ses pères, car il en avait deux, et de ses supérieurs, et monte en grade plus vite qu'un Pan Galactic Gargle Blaster ne vous monte à la tête. Mais le temps passe vite, surtout quand on s'amuse – et PVJ s'amusait beaucoup, surtout avec les astrostoppeurs, et le jour vint où PVJ dut partir vers des univers plus parallèles, bien comme il faut, pour régler un petit problème routier, laissant derrière lui sa famille, sa jeunesse, et un bureau bien rangé.